MOTHER LAND
La corde raide
MOTHER LAND / 2024
Réalisé par Alexandre AJA
Avec: Halle Berry, Percy Daggs IV, Anthony B. Jenkins, William Catlett
J'adore le cinéma d'Aja; et même si la colline a des yeux, parfois les miroirs se cassent. J'ai donc posé mes yeux (oui les deux) sur son nouveau film sous haute tension... Non pas que les crocodiles me laissent indifférent (surtout quand ils accostent dans une suite prévue l'année prochaine), mais plutôt par peur d'être déçu ("Horns" m'avait violemment encorné par exemple). Et puis moi les trucs un peu mystiques, ça me réussi rarement. Bon je dois avouer avoir été plutôt surpris, et dans le bon sens en plus. Sous influence du terrible "When Evil Lurks" ou encore de Shyamalan et de son village sans les nuages, le réalisateur parvient à nous captiver et à nous embarquer, malgré une intrigue vite éventée (j'ai cramé le twist principal quasiment dans les premières minutes du film) qui aurait pu faire craindre le pire.

Aja nous propose donc une introspection progressive dans le quotidien de cette famille hors-norme aux prises avec un démon intérieur qui régit finalement la quasi totalité de leur vie. Plus qu'une énième variation sur le thème du bien contre le mal, on aura plutôt affaire ici à une bataille de l'humain contre lui même, de celle qu'on a tous un jour menée (avec plus ou moins de réussite d'ailleurs). Le passage de l'adolescent à l'âge adulte, cette émancipation qui nous pousse à ne plus avoir peur de l'autre et du monde qui nous entoure (la métaphore de la corde représentant une sorte de cordon ombilical est plutôt bien vue).


Aja nous propose donc une introspection progressive dans le quotidien de cette famille hors-norme aux prises avec un démon intérieur qui régit finalement la quasi totalité de leur vie. Plus qu'une énième variation sur le thème du bien contre le mal, on aura plutôt affaire ici à une bataille de l'humain contre lui même, de celle qu'on a tous un jour menée (avec plus ou moins de réussite d'ailleurs). Le passage de l'adolescent à l'âge adulte, cette émancipation qui nous pousse à ne plus avoir peur de l'autre et du monde qui nous entoure (la métaphore de la corde représentant une sorte de cordon ombilical est plutôt bien vue).

Nous voilà donc devant une sorte de conte de fées (le film fonctionne d'ailleurs comme tel avec des chapitres) mais pour grands enfants qui en plus n'y croient plus vraiment. Cependant, tout n'est pas que subliminal et les frissons sont bien au rendez-vous l'espace de quelques scènes (même si on en aurait espéré encore plus) qu'un Demián Rugna n'aurait vraiment pas reniées. Le mal est moche, vicieux, et prends des formes particulièrement disgracieuses. A ce titre, la mère de Momma fait son petit effet avec sa langue de vipère (au sens propre comme au sens figuré) et sa propension à vouloir faire manger ses bébés à cette dernière (ce qu'elle fait d'ailleurs d'une certaine manière). Aja a toujours autant le sens du cadre et nous gratifie de magnifique plans forestiers ainsi que d'intérieurs sombres et étouffants. Finalement, ne serait-ce pas pire à l'intérieur ? Ne faut-il pas se libérer de ses chaînes pour entrevoir le véritable sens de sa vie. Le réalisateur n'y répondra jamais vraiment et laisse le spectateur seul juge de l'interprétation finale. Et c'est probablement bien mieux comme ça (même si cela va forcément laisser du monde sur le carreau), les plus grosses ficelles sont évitées (si on omet les cordes bien sûr) tout en titillant le cortex des pauvres spectateurs que nous sommes. On pourra tout de même noter quelques incohérences ou "petites choses qui fâchent" comme on dit (les cordes qui font 3km et qui ne se prennent quasiment jamais dans les branches ou feuillages pourtant nombreux) mais on ne lui en tiendra pas trop rigueur. La proposition est là, libre à nous d'en chercher tous les sous-textes ou de s'arrêter à une surface mousseuse et potentiellement remplie de ronces; de toute façon, les deux vont piquer. Une sorte de "Film dont vous êtes le héros" comme à la bonne époque mais sans les dés...


UN CAFE ET L'ADDITION
On en pense quoi?

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-par les lecteurs
Classé
222par la MAMA
Note finale: 3/5





Moyenne générale du film (Mama/Lecteurs):










Pas de grosses éclaboussures à signaler.










De jolis moments, dommage juste qu'ils soient si rationnés.










C'est volontairement lent mais ça n'ennuie pas.










On peut dire malin ou trop facile, selon son interprétation.










Elle fait le job sans faire saigner les lobes.










Bons pour la plupart, même les numériques.


LA CONCLUSION DE LA MAMA
"Mother Land" (ou "Never Let Go", vive les traducteurs inspirés) est un film "ovniesque" dans la filmographie d'Alexandre Aja. Plus contenu, moins brut de fonderie, le film est surtout une invitation à l'introspection et à l'acceptation de ses cicatrices. Il ne sera de fait pas destiné à tous les publics mais distille un vent de fraîcheur dans le paysage horrifique du cinéma actuel. Rien que pour ça il mérite un p'tit coup d'œil (et la colline en a deux).
FICHE TECHNIQUE

MOTHER LAND / 2024
Titre original:
NEVER LET GO
Avec: Halle Berry, Percy Daggs IV, Anthony B. Jenkins, William Catlett
Scénario: KC Coughlin, Ryan Grassby
Musique: Robin Coudert
Durée:1h41
SYNOPSIS
Une famille vit recluse au fin fond d'une forêt peu de temps après la fin du monde. Le mal a pris possession de la population et menace désormais Momma, Nolan et Samuel. Leur maison étant bénie, ils ne peuvent en sortir qu'en s'attachant avec des cordes reliées aux fondations de celle-ci. Peu à peu, au fil des saisons, la faim les gagne et les pousse à s'aventurer de plus en plus loin dans la forêt avec le risque de plus en plus présent d'y faire une mauvaise rencontre...

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