UGLY STEPSISTER (THE)
Cendrillon en substance
UGLY STEPSISTER (THE) / 2025
Réalisé par Emilie BLICHFELDT
Avec: Lea Myren, Ane Dahl Torp, Thea Sofie Loch Naess, Flo Fagerli
Faire une version de "Cendrillon" dénuée de toute gentillesse/mièvrerie et axée principalement sur tous les aspects "non-dits" de l'histoire originale, fallait oser. Ce conte pour adultes (ou alors pour enfants pas sages du tout) prend donc le parti du moche et démonte pièces par pièces la morale d'origine (déjà légèrement odorante) en ne se concentrant que sur le côté sombre et dégoutant de ce qui compte pour soi-disant réussir sa vie. Exit donc le beau prince charmant gentil et amoureux ou la servante opprimée débordant d'empathie et d'amour pour l'autre; place ici à la figure patriarcale dans ce qu'elle a de plus crasse et aux femmes capables des pires bassesses pour ne pas figurer en bas de l'échelle sociale. La belle sœur promettait d'être moche, elle l'est.

Moche mais pas que. Triste aussi. Triste parce que forcée d'aller contre sa propre nature, de vouloir modifier son apparence et donc d'accepter que l'on puisse avoir une certaine haine de soi comme moteur d'ascension sociale. Qu'importe le flacon, tant qu'il y a l'ivresse; mais la gueule de bois promet d'être sacrément corsée au réveil. Point de porte de sortie ici, tout le monde est affreux, sale et méchant; tout ce qui compte c'est le regard lubrique des hommes (riches de préférence) qui fera naitre l'envie (et donc le besoin).


Moche mais pas que. Triste aussi. Triste parce que forcée d'aller contre sa propre nature, de vouloir modifier son apparence et donc d'accepter que l'on puisse avoir une certaine haine de soi comme moteur d'ascension sociale. Qu'importe le flacon, tant qu'il y a l'ivresse; mais la gueule de bois promet d'être sacrément corsée au réveil. Point de porte de sortie ici, tout le monde est affreux, sale et méchant; tout ce qui compte c'est le regard lubrique des hommes (riches de préférence) qui fera naitre l'envie (et donc le besoin).

L'offre et la demande appliquée aux pires facettes de notre vie sociale. La réalisatrice prend le contre-pied total en ancrant son récit dans le réalisme. Enfin pas tout à fait. On fera bien référence à un carrosse en citrouille ou à une fée représentée ici par la maman décédée de la servante, mais sans trop en faire (le fantastique servant plutôt de prétexte notamment à quelques bizarreries comme l'appareil dentaire en total décalage avec l'époque). De toute façon, tout est tellement dilué dans une ambiance feutrée et délavée que le grain et la photographie nous font croire être devant un téléfilm des années 70. L'image est presque floue, irréelle, comme si on plissait les yeux ou qu'un voile modifiait notre perception. L'ambiance musicale, de premier plan ici, joue également un rôle prépondérant et nous offre des partitions absolument sublimes (sorte de mélange entre la B.O. de "Nobody Sleeps in the Woods Tonight" de Jimek et les envolées d'un Ritz Ortolani) amplifiant encore plus le décalage entre ce que l'on voit et ce que l'on perçoit/entends. Du grand art. Le casting est à l'avenant, principalement les actrices (la gente masculine étant de toute façon ici cantonnée à la bêtise, au vice et au pouvoir de vie ou de mort sur autrui). Le film aligne également une flopée de scènes assez affreuses (elles aussi), versant allègrement dans le gore crado le plus frontal. Fracassage de nez au piolet, découpage de pied au hachoir (cette scène est sacrément dégueulasse), rien ne nous sera épargné, même pas le vomi d'un ver solitaire en gros plan. Ajoutez à cela quelques séquences brèves mais choc montrant des ébats à la limite de la pornographie et vous comprenez immédiatement que la réalisatrice était bien décidée à repousser les limites pour nous empêcher d'être à l'aise devant un film qui n'en finira pas d'aller plus loin juste pour nous rappeler que oui, notre monde est moche et n'a d'humanité que le nom.


UN CAFE ET L'ADDITION
On en pense quoi?

Classé
97par les lecteurs
Classé
9par la MAMA
Note finale: 5/5















La panoplie complète de la scène choc, sous toutes ses formes.










On a surtout peur de se dire qu'on pourrait leur ressembler.










Le rythme est lent mais on ne s'ennuie pas pour peu qu'on adhère au concept.










Terriblement malin et bien plus qu'une simple relecture inversée.










Chapeau bas. En total décalage et pourtant tellement parfaite.










Les effets gores sont criants de réalisme.


LA CONCLUSION DE LA MAMA
Sorte de poème morbide et macabre que n'auraient pas renié certains réalisateurs Italiens de la grande époque, cette horrible belle-soeur repousse les limites et brouille la frontière entre le bien et le mal. L'humain n'a rien de beau; certains ont le pouvoir sur d'autres et ne se privent pas pour en abuser. Une de mes perles de l'année 2025, qui ne laissera personne indifférent (au pire vous détesterez, rien de plus normal).
FICHE TECHNIQUE

UGLY STEPSISTER (THE) / 2025
Titre original:
THE UGLY STEPSISTER
Avec: Lea Myren, Ane Dahl Torp, Thea Sofie Loch Naess, Flo Fagerli
Scénario: Emilie Blichfeldt
Musique: John Erik Kaada, Vilde Tuv
Durée:1h49
SYNOPSIS
La jeune Elvira fait partie d'une famille recomposée dont la mère est ruinée par le décès de son nouveau mari. Seule solution pour se sortir de l'embarras, séduire le prince de la région, un richissime monarque décidé à épouser la fille qui le fera chavirer lors d'un grand bal qu'il organise. En proie à une concurrence féroce, notamment de sa très jolie demi-sœur, elle va devoir recourir à des méthodes extrêmes pour mettre toutes les chances de son côté.

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