CANDYMAN
Bernard ROSE (1992)
CANDYMAN / 1992
Réalisé par Bernard ROSE
Avec: Virginia Madsen, Tony Todd, Xander Berkeley, Kasi Lemmons
Véritable surprise lors de sa sortie en salles en 1992, ce "Candyman" est pour moi l'un des meilleurs films écrit par Clive Barker (avec "Hellraiser" bien sûr). Le scénario est inspiré d'éléments que l'on retrouve dans plusieurs légendes urbaines populaires, telles que "Hanako San" et "Bloody Mary (Marie la sanglante)". Il n'est pas parfait, certes, mais il a ce je ne sais quoi qui fait que l'on est complètement envoûté par cette ambiance à la fois glauque et d'une tristesse sans nom. Cette histoire d'un homme puni d'avoir aimé est tout simplement touchante et rend ce monstre difficile à détester (et pourtant il fait tout pour).

C'est simple, on ne sait jamais trop si on doit le considérer comme une victime à qui on aurait tout pris et qui ne ferait que répondre au désespoir d'individus en perdition ou si il peut vraiment être catalogué dans la case "monstre sanguinaire assoiffé de sang". C'est cette contradiction permanente qui rend en partie le film si particulier, appuyée par une bande originale signée Philip Glass de toute beauté. Que dire de cette séquence d'ouverture ou l'on survole la ville bercé par les notes d'une mélodie mélancolique aux intonations d'outre tombe. Bernard Rose nous livre également quelques images d'une puissance graphique étonnante comme ces tags dans les vieux immeubles représentant le bourreau, dont la bouche permet de passer d'un appartement à un autre...


C'est simple, on ne sait jamais trop si on doit le considérer comme une victime à qui on aurait tout pris et qui ne ferait que répondre au désespoir d'individus en perdition ou si il peut vraiment être catalogué dans la case "monstre sanguinaire assoiffé de sang". C'est cette contradiction permanente qui rend en partie le film si particulier, appuyée par une bande originale signée Philip Glass de toute beauté. Que dire de cette séquence d'ouverture ou l'on survole la ville bercé par les notes d'une mélodie mélancolique aux intonations d'outre tombe. Bernard Rose nous livre également quelques images d'une puissance graphique étonnante comme ces tags dans les vieux immeubles représentant le bourreau, dont la bouche permet de passer d'un appartement à un autre...

Toutes ces images, véritables fresques urbaines, sont empreintes d'un double sens brillant qui force à la réflexion. On pourrait d'ailleurs raccrocher les wagons avec un célèbre mythe, celui d'Aristée, fils d'Apollon qui aurait brûlé des boeufs dans les bois avant de les voir se transformer en abeilles. Un symbole mythologique sacralisé par la célèbre butineuse qui est décidément mise en valeur à bien des égards. On retrouve son sens de la géométrie dans cette fameuse introduction lorsque l'on survole les immeubles ou même dans la construction des appartements de Cabrini Green qui pourraient rappeler les fameuses alvéoles des ruches. Helen fouille dans les recoins de ce monde dans lequel elle n'est pas la bienvenue et finira par trouver la reine, enfin plutôt le roi, ombre maudite qui veille sur ses "ouvrières", avide d'une vengeance qui l'a consumé au fil des années et qui a nourri la peur suintant des murs de ces immeubles peu acceuillants. On notera aussi la symbolique du miroir, négatif de l'âme, et ici faisant figure de porte ouverte vers notre monde pour ce croquemitaine effrayant (Helen en traverse d'ailleurs un dans son exploration de la cité de Cabrini Green). A côté de ça, "Candyman" est également un pur film de peur (on pourrait même parler de conte) et Tony Todd remplit bien son office. Chacune de ses apparitions provoque un sursaut et les meurtres qu'il commet se permettent quelques débordements gores du plus bel effet (surtout dans sa version non censurée). Et puis sincèrement, qui n'a pas après la vision de ce bijou, tenté de prononcer cinq fois son nom devant un miroir... Le film nous assène également une fin apocalyptique qui vous laissera sur le fondement (pour ne pas dire le cul) avec un retournement de situation pas piqué des hannetons. Tout est finalement remis en question; alors, légende ou réalité? Chacun se fera son idée à travers le prisme de son propre reflet...


UN CAFE ET L'ADDITION
On en pense quoi?

Classé
63par les lecteurs
Classé
18par la MAMA
Note finale: 5/5















Le crochet fait saigner juste ce qu'il faut mais sans aller dans l'exagération.










Quelques grands moments de frousse et une situation tendue du début à la fin.










On ne s'ennuie pas.










Du très grand Barker. Souvent imité, jamais égalé; a égalité avec "Hellraiser" pour moi.










La comptine entêtante de Philipp Glass vous restera longtemps en mémoire.










A l'ancienne, très propres.


LA CONCLUSION DE LA MAMA
"Candyman" est donc un film magique, puissant mais triste aussi. Une tristesse lourde et pesante qui finira presque par prendre le pas sur la peur. Virginia Madsen y est impériale et Tony Todd joue clairement le rôle de sa carrière (on passera sous silence les suites qui n'auront pas droit au même traitement). Et puis comment oublier cette musique de Philip Glass qui nous hantera et tintera dans nos oreilles pendant encore bien longtemps après le visionnage. Un grand moment de cinéma.
FICHE TECHNIQUE

CANDYMAN / 1992
Titre original:
CANDYMAN
Avec: Virginia Madsen, Tony Todd, Xander Berkeley, Kasi Lemmons
Scénario: Cliver Barker, Bernard Rose
Musique: Philipp Glass
Durée:1h39
SYNOPSIS
Hélène Lyne écrit une thèse sur les mythes et légendes urbaines. En se promenant dans un quartier défavorisé de la ville, elle découvre la légende de "Candyman", sorte de croquemitaine qui apparaît lorsque l'on prononce cinq fois son nom devant un miroir. Fascinée, Hélène se lance alors dans une enquête qui va la mener en plein cauchemar... Le monstre existe-t'il vraiment?

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