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OBSESSION
Le crush qui crash...


OBSESSION / 2025


Réalisé par Curry BARKER
Avec: Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless
Voilà, c’est fait. J’ai enfin découvert le phénomène dont tout le monde parle, celui qui a propulsé Curry Barker, jeune YouTubeur émérite reconverti en chantre de l’horreur, au firmament du cinéma horrifique contemporain. Mais alors, ce fameux « cassé » du bâton a-t-il produit l’effet escompté sur ma petite personne ? Suis-je, moi aussi, devenu totalement obsédé par le film, au point de frotter frénétiquement le Blu-ray contre ma jambe velue pour en extraire la substantifique moelle (on passera pudiquement sur les combats de gladiateurs) ? Eh bien, en grande partie, je serais tenté de répondre par l’affirmative. La mission semble accomplie, mieux encore, le disque ne s’est pas spontanément autodétruit au bout de cinq secondes. C’est déjà un excellent signe. Avec ce film, Barker nous concocte une sorte de conte pour adultes, une fable macabre qui n’aurait certainement pas dépareillé dans les pages des mythiques publications Arédit, à l’époque bénie des bandes dessinées horrifiques en noir et blanc. On y retrouve ce petit parfum de mauvais rêve, cette étrangeté poisseuse et cette manière de flirter avec le grotesque sans jamais perdre de vue le plaisir coupable du grand frisson. Une proposition qui semble puiser dans une certaine tradition du cinéma de genre indépendant : celle qui préfère les idées tordues, les ambiances malsaines et les parti pris assumés aux démonstrations de force un peu trop propres sur elles. Bref, de quoi satisfaire les amateurs de bizarreries horrifiques qui aiment que le cinéma leur gratte là où ça démange, quitte à y laisser quelques poils au passage.



On va tout de suite évacuer les mauvaises ondes histoire de capitaliser sur le bien qu'a pu me faire cette péloche rafraichissante. Oui, c'est un poil trop long (décidemment ma critique aurait bien besoin d'une petite épilation) et le film aurait je pense gagné encore en intensité en laissant une petite vingtaine de minutes sur la table de montage. Mais ce n'est que mon avis. Et non votre installation dernier cri n'est pas en train de rendre l'âme, les bandes noires de chaque côté c'est tout à fait normal et voulu comme un choix du réalisateur pour renforcer l'aspect étouffant du film. Mouais, ça je suis également plus dubitatif.


Mon fiel perverti et nauséabond ayant été copieusement déversé sur ce que j’ai le moins aimé, passons aux réjouissances, et Dieu sait qu’il y en a un petit paquet. À commencer par la réalisation, étonnamment carrée pour quelqu’un qui nous vient du format télévisuel, cher à notre ami Google. C’est joliment mis en boîte, avec un vrai soin apporté à l’image et même quelques fulgurances visuelles qui font plaisir à voir, notamment dans le travail sur les contre-jours, les ombres et l’obscurité. De quoi flatter la rétine sans avoir besoin de lui coller des hectolitres de CGI dégueulasses sous le nez. L’ambiance, elle, baigne dans un irréel presque cotonneux, avec cette impression que l’histoire flotte hors du temps, quelque part entre le cauchemar éveillé et la mauvaise pioche cosmique. On nous balance bien quelques explosions trash histoire de secouer le cocotier et de réveiller les deux ou trois spectateurs qui auraient oser pioncé au fond, mais le cœur du film se situe clairement ailleurs. Car si Obsession avait une carte maîtresse à abattre, elle répond au doux nom d’Inde Navarrette, véritable effet spécial vivant de cette petite entreprise infernale. Exit, donc, les trucages numériques moches et les geysers de faux sang (même s’il en subsiste quelques uns), ces artifices un peu patauds qui cherchent à tout prix à souligner au Stabilo rouge fluo ce qui fonctionne déjà très bien sans eux. Ici, c’est l’actrice qui fait l’essentiel du boulot (âme perdue entre des sentiments qu'elle ne comprend et n'accepte pas), et elle le fait avec une efficacité franchement réjouissante. Ses mimiques, ses brusques accès de rage et ses changements d’expression aussi soudains qu’inquiétants ont de quoi vous glacer le sang. Sans exagérer, elle m’aura cueilli à plusieurs reprises, notamment lorsqu’elle se fige dans une expression presque anodine, avant de laisser poindre un petit rictus ravageur qui va vous rayer les yeux. Une vraie gageure, tant elle parvient à rendre son personnage profondément dérangeant sans avoir besoin d’en rajouter des caisses. Dommage, en revanche, que Curry Barker ne se soit pas montré aussi impitoyable avec la durée de son film qu’avec les nerfs de son public. Obsession aurait gagné à resserrer un peu les boulons et à envoyer davantage de bois : quelques longueurs viennent émousser l’impact de séquences qui auraient mérité de s’enchaîner avec plus de mordant. Un rythme plus percutant aurait sans doute permis à cette drôle de mécanique de tourner à plein régime, plutôt que de laisser parfois retomber la pression entre deux belles montées en pression. Reste une fin à deux vitesses (il m'a fallu quelques minutes pour comprendre) et une proposition générale qui ne se refuse pas faisant de ce premier film une sacrée belle réussite.


UN CAFE ET L'ADDITION
On en pense quoi?




Classé 99
par les lecteurs
Classé 50
par la MAMA

Note finale: 4/5



Moyenne générale du film (Mama/Lecteurs):

★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ 4,50/5

GORE

C'est parfois crado mais pas forcément quand là où on l'attend le plus.
PEUR/AMBIANCE

Inde Navarrette est tellement "perdue" qu'elle fait froid dans le dos.
ACTION

Le rythme aurait gagné à passer la seconde plus souvent.
SCENARIO

Finalement très simple mais très malin en même temps.
MUSIQUE

Minimaliste mais là juste quand il faut.
EFFETS SPECIAUX
Pas besoin, Inde Navarrette est là...

LA CONCLUSION DE LA MAMA

Pour une fois je n'irais pas à contre-courant et je me contenterai de saluer bien bas la performance de cet "Obsession" qui donne un peu d'air à un genre qui en a bien besoin. Il manque de peu l'excellence faute d'un rythme plus soutenu qui aurait encore plus tendu la chose. Mais ne boudons pas notre plaisir et souhaitons surtout bonne chance à Curry Barker qui va devoir cravacher s'il veut maintenir ce niveau de qualité pour son prochain film. Forza!

FICHE TECHNIQUE

OBSESSION / 2025


Titre original:

OBSESSION


Réalisé par Curry BARKER
Avec: Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless
Scénario: Curry Barker
Musique: Rock Burwell
Durée:1h49
SYNOPSIS
Bear est un romantique discret, timide et épris de la belle Nikki qui ne semble pas porter attention à lui plus que ça. Désespéré, il brise le mystérieux "Saule du vœu unique" avec l'espoir que cet objet marketing n'en soit pas réellement un et lui permette de conquérir le cœur de celle qu'il aime. Il obtient exactement ce qu'il a demandé, au détail près que Nikki devient totalement folle de lui. Une obsession qui va finir par lui poser quelques problèmes au quotidien...



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