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SIFFLET (LE)
La mort ne sifflera qu'une fois


SIFFLET (LE) / 2025


Réalisé par Corin HARDY
Avec: Dafne Keen, Sophie Nélisse, Sky Yang, Jhaleil Swaby
Moi qui pensais siffler pendant tout le visionnage (au vu des critiques glanées ici et là), je me suis encore une fois fait avoir. Décidément, je vais finir par me mettre tout le monde à dos, mais tant pis : j’assume mon éventuel mauvais goût et je le clame haut et fort — oui, ce film m’a plu. Na. Alors évidemment, il ne s’agit pas d’une œuvre majeure. Évidemment que la recette est connue, que le film coche des cases déjà largement explorées ailleurs (à l’exception d’une scène post-générique absolument géniale, qui a réussi à rehausser mon appréciation presque instantanément). Et pourtant, la magie a opéré… du moins sur moi. On pourra reprocher à Corin Hardy son côté parfois trop consensuel ou son manque de prise de risque récurrent (Nom de Dieu, « La Nonne » méritait tellement mieux, non ?). Mais une chose est certaine : le bonhomme est généreux. Et il le prouve ici en s’appropriant la formule « Final Destination », en la saupoudrant de folklore horrifique et en la servant avec une bonne dose d’instrument maudit façon Chiki Chouka. Oui, je sais, ça sonne comme une recette oubliée d’un grimoire culinaire : des épices obscures qui réchauffent l’entrée avant de déclarer la guerre à la sortie. Finalement, on est plutôt raccord avec l’ambiance du film.



On va d'ailleurs tout de suite évacuer vers la sortie les écueils évidents du film. Outre ce côté un peu lisse de l'ensemble (propre à Hardy même si, ici, il se lâche un peu sur certains plans), on retrouve pêle-mêle le groupe d'"adulescents" typique avec la nerd rebelle, le geek amoureux éconduit, la bonne élève ou encore le sportif accompli. Bref, une bande de personnages qu'on pourrait presque cocher sur une fiche de bingo du film d'horreur adolescent. Heureusement, le film a suffisamment conscience de ses propres codes pour éviter de sombrer totalement dans la case du déjà-vu. Déjà car on évite le pays des Bisounours avec un décor planté dans une ville où tout semble terne et peu reluisant; ça change la donne.


L'histoire est une sorte de melting-pot d'à peu près tout ce qui existe en matière de hantise, mais elle apporte tout de même sa petite pierre à l'édifice avec ce concept de mort qui se lance à votre recherche dès votre naissance et à qui vous pouvez faciliter le travail si vous avez la bonne idée de la siffler bien fort ! Rien d'incroyablement novateur, certes, mais j'ai trouvé l'idée plutôt sympathique. Manque de bol, on se tape une tripotée de jumpscares bien bruyants (et surtout bien prévisibles) qui auraient pu me faire lâcher la télécommande — et l'affaire par la même occasion — si la bande-son n'avait pas été aussi excellente. Sorte de mélange entre pop et musique industrielle, les apparitions de la faucheuse sont magnifiées par une grosse caisse lancinante qu'un certain Fulci n'aurait probablement pas reniée lors de ses pérégrinations vaudous dans les Caraïbes. Autre bon point à souligner : certaines mises à mort sont absolument géniales et deux d'entre elles m'auront réellement laissé sur le postérieur. L'accident de voiture en lévitation est aussi gore que superbement mis en scène et on comprend bien vite qu'une grosse scie, eh bien, ça fait de grosses coupures lors de la seconde. Dommage que ces deux séquences fassent finalement passer la majorité des autres au second plan tant elles sont explosives. C'est bien connu, on en veut toujours plus… et du coup, on siffle. Mais surtout, surtout, restez quelques minutes après le lancement du générique, tant la scène qui suit fait preuve d'une ingéniosité démoniaque (même si l'on pourrait objecter qu'elle rappelle assez fortement le final d'un autre film du genre qui, lui aussi, donne le sourire).


UN CAFE ET L'ADDITION
On en pense quoi?




Classé 42
par les lecteurs
Classé 71
par la MAMA

Note finale: 3/5



Moyenne générale du film (Mama/Lecteurs):

★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ 4,00/5

GORE

Deux scènes vraiment trash et bien foutues. Le reste est plus convenu.
PEUR/AMBIANCE

Les "jumpscares" sont trop artificiels.
ACTION

Pas trop le temps de s'ennuyer malgré la petite baisse de rythme du milieu.
SCENARIO

Très convenu mais avec quelques petits "plus" somme toute sympathiques.
MUSIQUE

Un très bon point avec de la bonne pop "adulescente" et de l'indus. de qualité.
EFFETS SPECIAUX
Deux grosses séquences mélangeant très bien le pratique et le numérique.

LA CONCLUSION DE LA MAMA

Au final, Le Sifflet ne réinvente absolument rien. Il pioche à droite, à gauche, souffle très fort dans les trompettes de ses aînés et se prend même parfois les pieds dans les partitions les plus convenues. Mais voilà, le bougre a de l'énergie, quelques idées franchement réjouissantes et deux ou trois séquences qui valent largement le prix du billet. Je suis peut-être bon public, ou simplement sensible aux films qui assument leur côté train fantôme. Une chose est sûre : ce sifflet là ne mérite peut-être pas le concert de casseroles que j'ai pu entendre à son sujet.

FICHE TECHNIQUE

SIFFLET (LE) / 2025


Titre original:

WHISTLE


Réalisé par Corin HARDY
Avec: Dafne Keen, Sophie Nélisse, Sky Yang, Jhaleil Swaby
Scénario: Owen Egerton
Musique: Doomphonic
Durée:1h40
SYNOPSIS
Un groupe de lycéens découvre un ancien sifflet de mort aztèque caché dans leur établissement. En soufflant dans cet objet maudit, ils libèrent une force surnaturelle qui révèle leurs morts futures. Traqués par les visions terrifiantes invoquées par le sifflet, les adolescents tentent d’échapper à leur destin. Alors que les victimes se multiplient, ils cherchent un moyen de briser la malédiction avant qu’il ne soit trop tard et que leur mort finisse réellement par les rattraper un par un.



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